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Update obligations : risques et opportunités

En jetant un coup d’œil dans le rétroviseur, les événements les plus récents semblent assez inextricables et ne présagent rien de bon pour les économies mondiales. Cependant, les faits sont tous connus et devraient idéalement déjà avoir été pris en compte. Néanmoins, les investisseurs continuent d’avoir des difficultés à comprendre la valeur exacte des actifs sans risque et des actifs risqués dans ce contexte, étant donné que les données concrètes ne sont pas disponibles.

En résumé

  • Les investissements à risque bénéficient du climat de "baisse des taux d'intérêt à long terme"
  • Les opportunités en EMD ne se reflètent pas encore dans les valorisations des obligations
Update obligations : risques et opportunités
Update obligations : risques et opportunités

En outre, de nombreuses estimations relatives à la profondeur de la crise reposent sur des conditions extrapolées d’expériences passées, alors que le cocktail actuel d’événements est inédit. Il ne faut pas non plus oublier que les prochaines élections présidentielles américaines se tiendront dans près de six mois. Automatiquement, cette situation joue en faveur d’une baisse des taux — en particulier pour les obligations d’État de base — qui continueront d’être soutenus par les actions des banques centrales internationales.

En conséquence du prolongement de l’environnement de taux bas, les actifs risqués devraient normalement tirer leur épingle du jeu et fournir des opportunités intéressantes dans différentes sous-classes d’actifs, avec quelques actifs risqués offrant même des rendements similaires à ceux des actions. En plus de la croissance des bilans des banques centrales dans le monde entier, le soutien budgétaire restera solide de manière à éviter des conditions de récession économique. Par conséquent, nous maintenons notre position surpondérée en obligations d’entreprise et en dette des marchés émergents (EMD).

Les obligations d’entreprise devraient bénéficier une fois de plus des dernières annonces de la Commission européenne visant à déployer un éventail de mesures en vue de soulager les spreads des crédits bancaires. Cette décision n’a pas eu lieu parce que le secteur fait face à de graves difficultés, comme lors de la grande crise financière de 2008, mais plutôt pour servir de solution partielle à la situation actuelle. Elle devrait supprimer à nouveau des obstacles à la croissance du crédit.

Les opportunités en EMD ne se reflètent pas encore dans les valorisations des obligations, mais le Fonds monétaire international (FMI) a fait remarquer que les pays issus des marchés émergents devraient afficher des performances largement supérieures à celles des économies avancées. Pas seulement en 2020, mais également au-delà, en raison du caractère éphémère du coronavirus. Une fois que la panique liée au coronavirus se dissipera, la profondeur de la récession aux États-Unis devrait mener à une baisse du dollar US, ce qui devrait jouer en faveur des marchés émergents.

Les obligations d’État italiennes ont réussi à échapper à une dégradation de leur note BBB de S&P, mais pas de Fitch. Fitch a surpris les acteurs du marché en dégradant la notation de crédit italienne d’un cran à BBB-. Ainsi, le rallye de soulagement du début de la semaine s’est rapidement évaporé. Les spreads italiens restent élevés, malgré la faible probabilité d’une nouvelle dégradation de la part de Moody’s le 8 mai. À ce stade, Moody’s maintient la notation de crédit italienne un cran au-dessus de la zone spéculative.

Il semble actuellement improbable que les spread italiens se contractent de manière significative aux alentours de 170 points de base sur le court terme, ce qui marque sa moyenne mobile à 200 jours. Après tout, le risque de dégradation ne s’est pas dissipé, mais il a simplement été reporté vers la deuxième moitié de l’année. Les risques politiques en Italie (ainsi qu’en Espagne) augmentent et suscitent des inquiétudes liées à de nouvelles élections, étant donné la fragilité des deux gouvernements. Nous restons attentifs aux spreads périphériques.

Fidel Kasikci
Investment Communications
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