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Update obligations : pas le temps pour le pessimisme

Alors que l’économie ne se relève que lentement après deux mois de confinement, la volatilité semble se dissiper rapidement avec l’indice VIX mesurant l’incertitude du marché qui se trouve à 27, en dessous de la moyenne depuis le début de l’année établie à 37.

En résumé

  • La reprise du marché est rapide
  • Nous n’avons pas apporté de changement à notre allocation d’obligations actuelle
Update obligations : pas le temps pour le pessimisme
Update obligations : pas le temps pour le pessimisme

Actuellement, les marchés ignorent sciemment toute donnée objective ou subjective décourageante et se concentrent sur les nouvelles positives. Au cours de la semaine dernière, le marché obligataire a bénéficié d’une augmentation de l’appétence au risque engendrée par les conditions de réouverture dans la plupart des pays développés ; et il nourrit également de grands espoirs quant à la découverte d’un vaccin au Covid-19, qui reposent sur des tests préliminaires encourageants.

En Europe, l’agenda politique a joué en faveur des marchés. La Commission européenne a présenté un plan de relance de 750 milliards EUR, et des renforcements ciblés du budget à long terme de l’UE pour la période 2021-2027. Ces mesures porteront la capacité financière totale du budget de l’UE à 1 850 milliards EUR. Si la proposition est approuvée par les 27 pays de l’UE, elle soulagerait sans aucun doute le marché obligataire, et en particulier les obligations souveraines périphériques, qui devraient être les premières à bénéficier du soutien de l’UE.

En regard du marché de crédit européen, le rendement total depuis le début de l’année reste négatif, bien qu’une grande partie des pertes ait déjà été récupérée. Les obligations européennes de la catégorie « investment grade » (IG) affichent un rendement de -3 % (non couvert), ce qui constitue une augmentation par rapport au niveau plancher de -7,2 % atteint à la fin du mois de mars. Le haut rendement a bénéficié de l’appétence au risque des investisseurs et affiche à présent un rendement depuis le début de l’année de -7,7 % (non couvert) après avoir sombré à -18,7 % à la fin du mois de mars. Les spreads de crédit se resserrent de manière continue depuis le pic de la crise et se trouvent à présent à 170 points de base (pb) après avoir culminé à 247 pb pour la catégorie « investment grade » (IG) européenne et sont établis à 565 pb pour le haut rendement européen (pic à 904 pb).

Aux États-Unis, la Réserve fédérale américaine a montré qu’elle était capable de soutenir suffisamment l’économie pour dynamiser les marchés, encore plus que la Banque centrale européenne (BCE) en Europe. En effet, les obligations IG américaines affichent un rendement total positif de 2,5 % depuis le début de l’année, alors que le haut rendement américain affiche un niveau de rendement de -5,2 %, bien éloigné de son niveau plancher de mars établi à -20 %. Aux États-Unis, les spreads se sont rapprochés encore plus qu’en Europe depuis le pic de la crise pour atteindre 180 pb pour la catégorie IG (pic à 373 pb) et 643 pb pour le haut rendement (pic à 1 100 pb).

Dans l’ensemble, la reprise du marché est rapide, et les marchés de crédit affichent actuellement des niveaux de spreads qui ressemblent plutôt à une situation de crise « habituelle » plutôt qu’à une crise profonde. Cette constatation pose la question d’une dichotomie potentielle entre les valorisations du marché et l’économie réelle, surtout pour le haut rendement qui est susceptible de présenter un taux de défaut de paiement élevé.

Nous n’avons pas apporté de changement à notre allocation d’obligations actuelle. Parmi les obligations de qualité, nous estimons que les obligations d’État des pays périphériques de la zone euro devraient bénéficier de la dernière proposition de la Commission européenne si elle est acceptée, alors que les crédits européens IG bénéficieront du programme d’achats d’actifs en cours de la BCE. Du côté des obligations à haut rendement, nous privilégions la dette des marchés émergents au détriment du haut rendement, car nous estimons que la valeur est plus élevée dans les marchés émergents. Nous estimons que le segment du haut rendement est cher et volatil, surtout si la zone euro se replie (deuxième baisse) après un rebond un peu plus tard dans l’année. Le haut rendement est également susceptible d’être affecté par des défauts de paiement éventuels.

Florian Bardy
Investment Communications
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