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Update Obligations : Le marché dort sur ses deux oreilles

De nombreux stratèges prévoient un redressement économique en 2020. Bien que les prévisions de croissance restent modestes pour cette année, le risque de récession qui hantait les marchés quelques mois plus tôt s’est apparemment volatilisé. La plupart des données soutiennent cette hypothèse, puisque de nombreux indicateurs principaux semblent avoir touché le fond, et le sentiment est aidé par une réduction perçue des risques géopolitiques.

En résumé"

  • les tensions entre l’Iran et les États-Unis
  • les risques géopolitiques
Update Obligations : Le marché dort sur ses deux oreilles
Update Obligations : Le marché dort sur ses deux oreilles

Les marchés reflètent ce scénario. Les prix ont chuté au début de l’année, mais ont rebondi une nouvelle fois de manière considérable une fois que les tensions entre l’Iran et les États-Unis se sont apaisées. Nous percevons cette situation comme étant une confirmation de la tendance haussière des prix. Nous avons dès lors allégé notre portefeuille de duration (à savoir la sensibilité à l’évolution des taux d’intérêt) pour passer d’une position surpondérée à neutre. Nous constatons également que certaines données suggèrent que la croissance pourrait ne pas rebondir (surtout pour le secteur de l’industrie européenne qui continue d’afficher des résultats décevants), ce qui pourrait même déclencher une nouvelle vague de mesures de soutien de la part de la BCE. Si cette hypothèse se confirme, elle devrait provoquer une baisse des taux, mais nous ne sommes pas suffisamment certains de sa réalisation pour garder une position surpondérée en duration.

Les actifs risqués continuent de se porter à merveille

En outre, les actifs risqués affichent de belles performances. À ce jour, les spreads du haut rendement d’entreprise atteignent presque des taux historiquement bas, alors que les échanges d’obligations en souffrance sont exclus. Les valorisations ont complètement anticipé un rebond de croissance, laissant peu de place à la déception. Les performances du crédit de la catégorie « investment grade » sont plus discrètes, avec des spreads qui n’ont pas changé depuis le début de l’année. Cependant, après avoir constaté que les tensions entre les États-Unis et l’Iran n’ont pas eu d’influence notable et que les émissions d’obligations ont démarré sur les chapeaux de roues depuis que les marchés primaires ont rouvert leurs portes dans cette nouvelle année, le marché sous-jacent nous semble solide. Il ne serait pas étonnant de voir une légère amélioration des performances de crédit dans cette classe d’actifs. Nous reconnaissons que le crédit est déjà cher, mais le programme d’achat d’obligations de la BCE devrait protéger le marché si les bénéfices ou l’économie affichaient des performances décevantes.

Bien que les risques géopolitiques aient été relégués au second plan, nous ne serions pas étonnés de voir une partie de ceux-ci revenir sur le devant de la scène et causer de la volatilité. Si cette hypothèse se confirmait, les taux baisseraient et les actifs risqués perdraient des plumes en raison de leurs valorisations élevées. À présent que l’accord de phase 1 a été signé entre les États-Unis et la Chine, les investisseurs pourraient tourner leur attention vers les négociations de la phase 2. En ce qui concerne le Brexit, le fait que le Royaume-Uni possède actuellement un meneur dans une position plus forte qu’auparavant est bénéfique, mais l’obtention de compromis pourrait toutefois rester compliquée pour les négociations plus approfondies qui suivront. Enfin, l’approche des élections présidentielles américaines pourrait être à l’origine de titres de l’actualité intéressants.

Thomas Smid

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