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Update obligations : Inflation élevée, faibles taux d’intérêt. Pourquoi ?

Une question que tout le monde se pose dernièrement est la suivante : « Pourquoi les taux d’intérêt sont si faibles alors que l’inflation est aussi élevée ? » Eh bien, les chiffres d'inflation sont orientés vers le passé, alors que les taux d'intérêt sont orientés vers le futur. La question suivante se pose souvent : « Si la croissance de l’inflation mène uniquement à une hausse de taux, est-ce que les investisseurs pensent que l’inflation actuelle se dissipera bientôt ? » Oui et non.

En résumé

  • États-Unis: prévisions d’inflation qui commencent dans 5 ans pour les 5 prochaines années diminué au cours des dernières semaines
  • ABN AMRO s’attend maintenant à quatre hausses de taux
  • La Fed surprend les marchés en annonçant que le 'resserrement quantitatif" va probablement commencer et s'accélérer
Update obligations : Inflation élevée, faibles taux d’intérêt. Pourquoi ?
Update obligations : Inflation élevée, faibles taux d’intérêt. Pourquoi ?

Il existe de nombreux taux d’intérêt différents. En se concentrant uniquement sur les bons du Trésor américain, nous pouvons analyser le taux d’intérêt sur le court terme (2 ans) et sur le long terme (10 ans). Le taux à 2 ans est intrinsèquement lié au taux directeur des banques centrales et le taux à 10 ans est égal à celui à 2 ans plus un ensemble de prévisions, parmi lesquelles le chemin pour la future inflation joue un rôle crucial.

Du côté des prévisions d’inflation, un événement étrange s’est produit récemment : aux États-Unis, les prévisions d’inflation qui commencent dans 5 ans pour les 5 prochaines années (la célèbre prévision 5 ans dans 5 ans, qui est souvent utilisée par la Fed pour sa politique) ont en réalité diminué au cours des dernières semaines. Cette tendance ne peut s’expliquer qu’en partie par la prévision de rétrécissement de la taille du Plan « Reconstruire en mieux » (Build Back Better Plan) de Biden, qui est considéré comme inflationniste.

Toutefois, ce n’est pas spécialement que les investisseurs ne craignent pas la hausse de l’inflation, mais plutôt qu’ils pensent que les banques centrales seront en mesure d’y remédier en cas de besoin. Par conséquent, pour prédire les taux d’intérêt, il ne faut pas spécialement examiner les craintes de l’inflation historique, mais plutôt essayer de prédire la réponse de la Fed et de la BCE à cette évolution.

À cet égard, il est important de signaler le récent changement d’opinion de la Fed. Elle a agressivement avancé le calendrier du resserrement de sa politique accommodante, une décision qui était justifiée par le mantra de la banque centrale sur l’inflation transitoire en 2021. Le marché prévoit à présent trois à quatre hausses de taux, alors qu’une seule hausse était prévue trois mois plus tôt. ABN AMRO s’attend maintenant à quatre hausses de taux.

Aux yeux des investisseurs, ce choix devrait à présent atténuer les futurs risques inflationnistes extrêmes, mais il montre également la volonté de la Fed à aller plus loin en cas de besoin, par exemple si l’inflation s’appréciait encore plus. En outre, la Fed a surpris les marchés en annonçant que le resserrement quantitatif (entraînant une réduction du bilan) pourrait débuter plus tôt que prévu et à un rythme plus soutenu.

L’influence de cette décision sur les taux d’intérêt, les taux réels (taux d’intérêt moins l’inflation) et, peut-être encore plus important, sur le risque de crédit et d’autres actifs risqués sera l’une des questions clés pour 2022 et les années à venir. Si les taux réels s’apprécient, emprunter deviendra plus cher en termes de chiffres ajustés en fonction de l’inflation.

Erik Joly
Erik Joly
Chief Investment Officer
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