5 min

Daan Rau

Un artiste se cache en chacun d'entre nous
Daan Rau
Daan Rau

Dans cette rubrique, ABN AMRO donne la parole à des personnes & entreprises influentes. Nous nous entretenons cette fois avec le commissaire d'exposition Daan Rau, responsable de la section arts classiques du salon Belgium Art and Design (BAD). ABN AMRO a derrière elle une longue tradition de soutien à l’art et à la culture. C'est pourquoi nous sommes très fiers d’avoir été partenaire de la troisième édition du Belgium Art and Design. Le moment est maintenant venu de faire la connaissance de l'homme derrière les artistes.

Commissaire d'exposition n'est pas un métier ordinaire. Pourriez-vous nous expliquer votre trajet ?

« Pour être honnête, toute ma vie a toujours tourné autour de l'art. Déjà très intéressé quand j'étais jeune, ma passion n'a fait que grandir au fil des ans. J'admire toutes les formes d'expression artistique, en ce compris la danse et la musique, mais ce sont surtout les arts plastiques qui me bouleversent, même si je n'ai moi-même aucun talent dans ce domaine. Une fois ma décision prise de faire carrière dans le monde de l'art, une de mes premières missions a été d'organiser une exposition. Une activité que je fais toujours avec autant de plaisir aujourd'hui. »

En tant que commissaire d'expositions artistiques, pourquoi avoir choisi un salon moderne comme le BAD ?

« Je suis en effet spécialisé dans l'art contemporain, mais mes centres d'intérêt sont très variés. Comme en témoigne ma participation au BAD. Vous savez, l'art est absolument vital pour moi. Et dès que j'en ai la possibilité, j'essaie de mettre les jeunes en contact avec l'art. Que ce soit en soutenant de jeunes artistes ou en organisant des salons accessibles à tous. À l'époque, j'ai, par exemple, créé Amarant, un service qui a pour but l'éducation à l'art. Pendant longtemps, j'ai aussi été curateur de la salle De Gele Zaal à Gand, une initiative d'un assureur qui voulait offrir une plateforme à de jeunes artistes. Et aujourd'hui, je fais de mon mieux pour faire du BAD un salon qui attire un public le plus large possible. »

Comment êtes-vous exactement entré en contact avec le BAD ?

« Le commissaire de la première édition, Stef Van Bellingen, était un ami. Après ma visite, j'étais vraiment emballé par l'organisation et surtout la philosophie de cet événement. Sans parler du magnifique site de l'Eskimofabriek, véritable cerise sur le gâteau pour moi. J'ai donc été très heureux lorsque l'on m'a demandé de m'occuper de cette édition. »

Vous parlez de la philosophie du salon. Quelle est-elle exactement ?


« Le BAD se distingue des autres salons par son accessibilité. J'entends par là que le salon ne s'enferme pas dans des cases. Dans la pratique, cela se traduit par une disposition très ouverte, propice aux échanges et à la communication, où les galeristes, artistes, designers et visiteurs peuvent facilement se rencontrer. Il s'agit d'un événement très chaleureux qui se veut proche des gens. La philosophie sur laquelle il repose est que l'art appartient à tout le monde et doit rester accessible à tous. C'est aussi la raison pour laquelle le Belgium Art and Design a délibérément choisi de ne pas se limiter à la peinture et à la sculpture. Nous voulons que les « arts appliqués » (comme ils étaient appelés auparavant), des formes d'art très accessibles et abordables pour beaucoup, soient présents au salon. Comme nous voulons aussi nous adresser aux jeunes, nous trouvons qu'il est important de leur proposer quelque chose qui leur parle. J'insiste cependant sur le fait que nous ne faisons aucune distinction entre les arts classiques et les arts appliqués. Ils sont tous mélangés. À nos yeux, ces deux formes d'art ont la même valeur, en ce sens qu'ils permettent d'améliorer notre qualité de vie. »

L'art qui améliore la qualité de vie. Qu'entendez-vous exactement par là ?

« L'exemple du design est une parfaite illustration. Chacun d'entre nous utilise tous les jours des objets ordinaires fonctionnels. Pourquoi ces objets devraient-ils être simplement pratiques, alors qu'ils peuvent également être beaux ? Prenons l'exemple du food design. Cuisiner est devenu un art, qui allie le plaisir des yeux et le plaisir des papilles. On pourrait tout aussi bien se contenter de manger quelque chose sur le pouce pour apaiser notre faim, mais nous perdrions alors cet élément de jouissance. Et c'est précisément ce que le design fait. Ajouter cette dimension supplémentaire à notre quotidien, qui nous enrichit et améliore notre qualité de vie. »

Design alimentaire, bijoux, sculptures... le BAD accorde beaucoup de place à une grande variété d'expressions artistiques. Essayez-vous de travailler autour d'un thème particulier ?

« Non. Selon moi, vous ne pouvez pas vous limiter à un thème en particulier lorsque vous organisez un salon. Je m'occupe pour ma part des arts et ma collègue Siegrid Demyttenaere prend en charge la partie design. Et nous n'essayons pas de trouver un fil rouge qui relierait les différentes formes d'expression spécialement pour l'occasion. Mais nous avons tout de même pour objectif commun de faire de cet événement un événement de très grande qualité. Pour le reste, nous essayons de ne pas nous enfermer dans des cases. Je ne me mêle pas du processus de sélection de Siegrid et l'inverse est vrai aussi. Une fois la procédure de sélection terminée, nous discutons évidemment entre nous des candidats que nous avons choisis et des raisons pour lesquelles nous les avons choisis. Ensemble, nous avons créé la plateforme cross-over sur laquelle l'art et le design se rencontrent. Comme je l'ai dit au début, nous essayons de mettre en avant une certaine ouverture. La communication joue ici un rôle très important ; les visiteurs doivent pouvoir avoir le temps de poser leurs questions et de rencontrer les artistes ou les designers. »

Nous avons en tous les cas trouvé le mélange parfait et nous sommes particulièrement fiers d'être associés à cet événement. Êtes-vous satisfait de ce partenariat ?

« Je trouve merveilleux qu'une banque apporte son soutien à de jeunes artistes. J'espère que de nombreuses autres institutions suivront cet exemple. Les artistes ont en effet parfois besoin d'un petit coup de pouce. La Belgique possède une histoire très riche dans le domaine de l'art et, aujourd'hui encore, nous devons être fiers de nos artistes. Malheureusement, ceux-ci n'ont pas tous la chance d'être représentés par une galerie pour pouvoir se faire connaître. L'art a une valeur inestimable pour notre épanouissement personnel. Il enrichit l'âme. Il rend les gens heureux et les bouscule. Il devrait donc toujours être accessible à tous. Comme l'artiste allemand Joseph Beuys l'a dit : “Jeder mann ist ein künstler” (chaque homme est un artiste). »

Avis
Il n'y a pas encore d'avis sur cet article.